
Prenons l'exemple du maïs. Il y a 7000 ans, un épi d'une plante ancêtre (téosinte) mesurait à peine 2 cm et était garni de grains de la taille d'un grain de riz. Après 2000 ans de sélection, l'épi mesure 7 cm, après 5000 ans il mesure 10 cm, et aujourd'hui il mesure 30 cm avec des grains de la grosseur d'un petit pois ! Il en est de même pour de multiples espèces végétales (blé, orge, mil, seigle, avoine, tomate, etc.) et de toutes les espèces d'animaux domestiques.

Cette surface d’OGM ne cesse d’augmenter a très grande vitesse.
Nous pouvons donc nous demander quelles peuvent êtres les conséquences de ses nouvelles cultures ainsi que ce qui pousse les hommes à produire des OGM.

- le polyéthylène glycol (PEG), qui est un agent chimique possédant la faculté de déstabiliser la membrane plasmique des protoplastes, permettant ainsi la pénétration des molécules d'ADN,
- l'électroporation, plus délicate à maîtriser, consiste à appliquer de courts chocs électriques de fort voltage aux protoplastes, ce qui permet l'ouverture de pores facilitant le passage de l'ADN. Le principal problème de ces deux méthodes est la faible capacité de régénération des protoplastes ainsi que le risque de voir apparaître un transfert de plusieurs copies, ce qui aura des répercussions sur la stabilité de l'insert ou de son expression.
- La micro-injection est une autre méthode de transfert physique, basée sur l'utilisation de micro seringues manipulées sous microscope et permettant l'introduction directe de molécules, voire d'organites entiers, dans des cellules isolées. Cependant, cette méthode ne s'applique que dans des cas particuliers car elle est complexe et lourde à utiliser.
- Parmi toutes ces techniques, la plus courante est l'utilisation du " canon à gènes ", également appelée biolistique. Cette méthode consiste à propulser le transgène à l'intérieur de cellules végétales, isolées ou appartenant à un tissu ou à un organe. Les constructions moléculaires sont adsorbées à la surface de projectiles microscopiques (billes d'or de 0,6 à 2 µm de diamètre), qui seront bombardés sur les cellules végétales. Ces billes seront progressivement freinées en traversant les différentes couches cellulaires. Quelques unes des cellules atteintes vont alors insérer spontanément les transgènes dans leur génome. La biolistique a ainsi été employée sur de nombreuses espèces végétales : blé, maïs, riz, soja, tabac...
Les scientifiques savent modifier des microorganisme en vue de la synthèse de molécules depuis les années 70. Grâce à des microorganismes conçus sur mesure, il est possible de produire de l'insuline ou des hormones de croissance jusque là extraites
de pancréas de porc ou d'hypophyse humaine dans lesquels est sécrétée l'hormone chez ces deux espèces. Pour le moment, seuls des souches bactériennes ou des cellules de mammifères sont utilisées mais le génome des bactéries limite le nombre de transformations
protéiques du fait de sa faible taille. Des études sont donc en cours sur des levures mais aussi sur des végétaux. Ainsi on étudie des plans de tabac qui pourraient synthétiser de la lipase, une enzyme permettant de combattre la mucoviscidose.
Nombreux vont être les heureux quand ils apprendront que la fameuse piqûre qu'ils redoutent tant ne sera peut être plus d'actualité dans quelques années. En effet, le génie génétique permet, par la modification du patrimoine génétique de plantes, de leur
faire synthétiser des substances vaccinantes. Il s'agira alors simplement de manger une banane pour être vacciné contre telle ou telle maladie. Des tests ont été effectués sur des souris auxquelles on a fait assimiler des pommes de terre contenant un
gène de la maladie hépatite B. Ils ont permis l'observation du déclenchement d'une réponse immunitaire chez ces animaux mais l'efficacité du vaccin n'a pu être testée, les souris n'ayant pas été affectées par le virus. Quoi qu'il en soit, cela présente un intérêt, notamment pour les pays du tiers monde. En effet, les chercheurs prévoient déjà d'utiliser des bananiers génétiquement
modifiés pour produire ces vaccins, d'une part pour leur fécondité importante, et d'autre part parce que la banane peut être transportée et stockée sans grandes difficultés, contrairement aux vaccins actuels. Si on ajoute à cela que ce type de vaccination permettra une aide alimentaire (bien maigre toutefois si on se limite a une banane)en plus d'une aide médicale, on peut trouver cette perspective très intéressante!!
Comme tout le monde le sait, les greffes d'organes sont rares, faute de donneurs, et de plus risquées du fait de la possibilité
importante de rejet. Si on ajoute à cela les problèmes d'incompatibilités entre le donneur et le receveur, on comprend la
difficulté à trouver des organes pour ces interventions. Là encore, le génie génétique peut apporter des solutions. En effet, par
la modification de certains gènes d'animaux par transfert de gènes humains, on peut supprimer le phénomène de rejet lors de la greffe d'un organe animal à un homme, rejet qui aurait été absolument immédiat dans le cas d'une greffe d'un organe d'un animal non modifié à un homme .Des résultats prometteurs ont déjà été obtenus sur des porc transgéniques mais des raisons compréhensibles
d?ordre sanitaire (transmission de virus) et éthique empêchent pour l'instant les essais cliniques chez l'homme.
3)Les risques
1)Risques pour l’environnement
La fuite des gènes: Les transgènes pourraient être transmises à d’autres espèces de la même famille au cours de la reproduction. Normalement, la reproduction s’effectue entre plantes de la même espèce mais, il se peut qu’une fertilisation imprévue se produise. C’est pour cela, que le transfert de gène serait très gênant dans le cas de la transmission de gènes de résistance à des herbicides aux mauvaises herbes. La probabilité de transfert de gènes, dépend de la répartition des espèces sauvages et de leur environnement agricole.
Les effets non désirés : En donnant aux OGM une résistance naturelle à des insectes, il se peut qu’indirectement cela affecte d’autres insectes non visés par cette modification. C’est le cas des abeilles et du monarque (un papillon vivant en Amérique du Nord).
L’impact sur le monarque : Récemment, une expérience a été menée sur le monarque, un papillon réputé pour sa beauté. : Des chenilles de ce papillon ont été nourries avec des feuilles artificiellement recouvertes de pollen d’une variété de maïs génétiquement modifié (rendu résistant à la pyrale). Les résultats de cette expérience, ont démontré que les chenilles ont subi une croissance lente et une mortalité plus élevée, que d’autres chenilles nourries avec des feuilles de maïs non génétiquement modifié. Nous pouvons donc conclure, que l’OGM peut être dangereux pour le monarque. Il en est de même avec pour les abeilles.
Apparition d’insectes résistants aux plantes transgéniques : Chaque culture a son propre « prédateur », un insecte qui se nourrit essentiellement de cette culture et les endommage. En France, par exemple le maïs a son ennemi : la pyrale du maïs. Jusqu’à l’apparition des OGM, les agriculteurs protégeaient leurs cultures par des traitements chimiques, mais maintenant, la transplantation de gènes, permet de créer une variété de maïs qui produit une substance nocive pour la pyrale.
Mais, cette technique dans le futur n’aura t-elle pas des effets non désirés. Des tests ont été effectués pour définir ces risques mais, au bout de 26 générations aucune pyrale s’est révélée résistante aux plantes transgéniques ; cependant, dans des pays où l’application de la substance est très répétée (Malaisie, Japon, Hawaï) des chercheurs ont remarqué l’apparition d’insectes résistants qui lui résistent.
Risque de réduction de la biodiversité : Il existe deux types de scientifiques :
_ ceux qui pensent que la diffusion de la biotechnologie mènera à un appauvrissement de la diversité génétique. _ ceux au contraire, qui estiment que l’on peut augmenter la diversité génétique, en partant de la même structure en leurs donnant chacune une spécialité différente.
L’impact sur la rhizosphère : La rhizosphère est la partie du sol qui est située le plus à l’extérieur dans la croûte terrestre ; elle est située dans l’environnement immédiat des racines des plantes. Elle est donc très riche en micro-organismes et en substances biologiques.
Il ne peut être donc complètement exclu qu’un jour, les plantes modifiées produisent un impact sur cet environnement sub-terrestre. Les populations de micro-organismes y évoluent de façon très réversible en fonction des hôtes présents et des conditions ambiantes.
2)Les risques pour la santé :
Les risques de gènes de résistance aux antibiotiques : Les résistances aux antibiotiques chez les bactéries pathogènes pour l’homme se répandent de nos jours et constituent un problème alarmant en médecine, amplifié par la sur-prescription des antibiotiques. On redoute que les plantes transgéniques n’aggravent ce phénomène. En effet, leur génome contient des gènes bactériens de résistance aux antibiotiques. Ces gènes n’ont aucune utilité dans la plante elle-même. Ils pourraient être transférés, soit aux bactéries colonisant le tube digestif animal ou humain, soit aux bactéries du sol, leur transmettant ainsi le caractère de résistances à des antibiotiques majeurs. Un grand nombre de ces nouvelles plantes contiennent des gènes de résistance aux antibiotiques. Le risque est que cette résistance se transmette à des bactéries dangereuses pour l’homme, contre lesquelles on ne pourra plus lutter avec les antibiotiques actuels ou sinon, il faudra les sur doser.
Le risque de toxicologie : L’ajout d’un nouveau gène dans un organisme vivant peut provoquer l’expression d’un ou de plusieurs gènes inactifs à l’état normal. Cette expression induite par le transgène peut entraîner la production de toxines, ou augmenter la production de celle-ci. Or nous savons que certaines toxines existent à l’état naturel et sont produites en quantité non toxique c’est le cas de la solanine de la pomme de terre ou encore celui de la tomatine de la tomate. Ce risque même minime peut survenir et personne n’est capable d’en évaluer les effets.
Risque d’allergène : Avec les OGM, il y a un risque d’allergie liée à la présence d’une nouvelle protéine, codée par le transgène pourrait être responsable d’allergies alimentaires du même type que celles qui existent déjà avec les aliments autorisés. Ces risques d’allergies alimentaires existent déjà en dehors des OGM, on a pu le constater dans la consommation de litchi : ce fruit est responsable de nombreuses allergies. Dès qu’une protéine est ingérée elle est susceptible d’être allergène dans ces conditions il est difficile de mesurer et de prévoir la capacité allergène d’une molécule.
L'accumulation de certains herbicides dans la chaîne alimentaire :
· La toxicité à long terme des résidus d'herbicides peut s'accumuler dans la chaîne alimentaire. En effet, la majorité des plantes transgéniques sont modifiées pour les rendre tolérantes à des herbicides totaux. Lorsqu’une plante est naturellement résistante à un herbicide, elle va le métaboliser, c’est à dire le détruire complètement et il n’en restera plus aucune trace. Mais lorsque la plante est rendue résistante à un herbicide, le problème est en fait tout autre :
Soit ces plantes ont vu leur patrimoine génétique modifié au niveau de l’enzyme cible de l’herbicide (probablement la forme du site actif a-t-elle été modifiée). L’herbicide ne peut donc plus agir sur la plante mais le problème réside dans le fait que la plante est alors incapable de métaboliser l’herbicide et que celui-ci s’accumule dans les récoltes, notamment dans les zones de croissance et de réserve puisqu’il se déplace de la même manière que les produits de la photosynthèse. C’est le cas des plantes résistantes au glyphosate comme par exemple le Round Up dont on connaît le caractère mutagène et cancérigène ou le Basta dont le caractère neurotoxique est démontré.
Soit la résistance est due a l’introduction d’un gène de métabolisation bactérien et dans ce cas, l’herbicide sera éliminé. C’est le cas pour les plantes transgéniques résistantes aux herbicides déjà utilisée dans certains pays comme par exemple les plantes résistantes au glufosinate (matière active de désherbants totaux) : cette fois les plantes transforment l’herbicide en un métabolite qui s’accumulera dans les récoltes. Mais se pose alors un problème d’homologation des herbicides totaux qui ne l’étaient alors que pour les bordures de chemin, n’étant pas utilisés dans les champs. Cette ré-homologation consiste en l’évaluation des risques de résidus a l’intérieur des plantes destinées a la consommation
Les possibles dérives :
Les plantes cultivées à des fins industrielles pourraient bien constituer un danger alimentaire réel, car on envisagera forcément d’en utiliser les résidus pour l’alimentation animale. Sauf mise en place effective de procédures adéquates de gestion du risque, des produits chimiques indésirables pourraient alors entrer dans la chaîne alimentaire.
Une augmentation de la teneur en acide laurique de la viande ou du lait serait très préoccupante, car l’acide laurique est un puissant stimulant de la production de cholestérol chez l’homme. L’acide érucique est un toxique bien connu que l’on a soigneusement cherché à faire disparaître des variétés courantes de colza. Aujourd’hui, il est au contraire surexprimé dans certaines variétés où ses concentrations sont au moins 10 fois supérieures à celles des variétés anciennes, parce qu’il est extrêmement utile dans certaines activités industrielles.